Le braille et son concepteur
De nos jours, on peut écrire plus de 200 langues et dialectes en braille.
L'écriture braille est mondialement répandue depuis 1949, date
à laquelle l'UNESCO l'adapte à toutes les écritures.
Mais quelles sont ses origines?
L'écriture employée par les personnes non-voyantes doit son nom
à son inventeur, Louis Braille.
Né le 4 janvier 1809 à Coupvray, en Ile-deFrance, Louis Braille
perd complètement et définitivement la vue à l'âge
de 5 ans des suites d'un accident dans l'atelier de son père.
Lorsqu'en 1819 il est intégré, grâce au curé et au professeur de son village,
à l'Institut royal des enfants aveugles à Paris, l'école
ne possède que quelques ouvrages écrits en relief. Grand nombre
de volumes par titre, très peu de texte par volume, un temps de lecture
infini, ce procédé était sans avenir réel.
C'est alors que l'Institut reçoit la visite du capitaine d'artillerie
Charles Barbier venu présenter son invention, l'"écriture
nocturne". Faite de simples points et traits en relief, elle permettait
de passer les ordres militaires pendant la nuit. Elle prendra par la suite le
nom de "sonographie".
Fasciné par cette nouvelle écriture, Louis Braille lui trouvait
cependant quelques inconvénients, notamment le nombre de points (pouvant
aller jusqu'à vingt pour certains sons), l'impossibilité d'épeler
(puisque conçue pour représenter les mots sous forme de sons),
l'absence de ponctuation... Il décide alors de la retravailler et y apporte
un certain nombre d'améliorations.
En 1824, son adaptation est terminée. Il s'agit quasiment de l'alphabet
que l'on connaît aujourd'hui. Six points permettant de retranscrire très
rapidement tous les signes de l'alphabet des voyants. Sa méthode remporte
un tel succès auprès de ses camarades et du directeur de l'établissement
que ce dernier décide de faire modifier les outils employés pour
la sonographie afin de les rendre utilisables pour cette nouvelle écriture.
C'est en 1829 que la méthode de Louis Braille est pour la première
fois éditée.
Malheureusement, en 1840 un nouveau directeur, opposé à l'écriture
braille, prend ses fonctions à l'Institut. Il tente d'imposer une méthode
américaine qui consiste à réduire la taille des lettres
en relief du procédé initial. Tous les livres en braille sont
brûlés. Néanmoins, les élèves s'accrochent
au braille et se l'enseignent mutuellement en dehors des heures de classe. Le
nouvel adjoint du directeur, enthousiasmé par le système braille,
décide de convaincre le directeur.
Pari gagné, puisqu'en 1844, l'écriture braille est admise officiellement
par le directeur dans son établissement.
Deux ans après la mort de Louis Braille, survenue le 6 janvier 1852,
la France accepte officiellement le braille comme système d'écriture
et de lecture pour les aveugles.
C'est à Lausanne, en 1860, qu'est imprimé le premier livre en
braille hors de France.
En 1878, un congrès international des nations européennes choisit
le braille comme meilleur système à faire adopter partout dans
le monde. Les Etats-Unis l'adoptent en 1917.